Poulet standard
Le Poulet de chair
standard est le principal pourvoyeur de viandes blanches avec une production
qui a atteint 93,900 tonnes en 2004 soit prés de 69 % des viandes blanches. En
2006, la production a accusé une baisse significative (66.200 tonnes) en raison
de la baisse de consommation consécutive aux rumeurs de grippe aviaire
Les circuits de
commercialisation sont en pleine mutation puisque depuis 2006, l’abattage et la
vente de poulet vivant sur les marchés sont en voie d’être totalement
interdits. A cet effet, une nouvelle réglementation (arrêté du Ministre du
Commerce du 9 Décembre 2005, instituant un cahier des charges relatif à
l’exercice du commerce de distribution des produits avicoles et dérivés) a été
promulguée.
Avant l’instauration
de cette réglementation, les circuits de distribution étaient chaotiques comme
représentés dans la figure 1.

Figure 1 – Circuits de commercialisation du poulet de
chair avant 2006
En effet, le circuit
du poulet vivant était caractérisé par la vente directe à la ferme de ce
produit aux intermédiaires. Ces derniers sont des personnes possédant des
flottes de camions ainsi que des moyens financiers consistants, et qui
effectuaient des livraisons quotidiennes au petit matin d’ un petit nombre de
cageots aux points de vente au détail en poulet vif. Ces poulets sont vendus au kilo
à l’état vivant, puis sont abattus sur place à la demande des clients moyennant
des frais d’abattage.
Ce circuit est en passe
de s’inverser rapidement au profit de l’abattage industriel et il est prévu
dans les prochains mois que l’application de la nouvelle réglementation soit
généralisée à 100% et que la physionomie des circuits de commercialisation se
présente comme schématisé à la figure 2.

Figure 2 – Nouveau circuit de
distribution du poulet
Poulet fermier
Le poulet fermier
s’est développé depuis une dizaine d’années. Le fermier utilise des souches
sélectionnées de poulet label rouge ou certifié, importés de France. Saisonnièrement,
un petit nombre est élevé sous forme de chapon (sujets castrés et alimentés
notamment au lait en poudre). La quantité totale de poulet fermier produite est
inférieure à 1.000 tonnes par an. Le pays compte un seul opérateur dont le
circuit est totalement contrôlé et la distribution de ce type de volaille se
fait dans sa majorité à travers deux chaînes d’hypermarchés franchisées, outre
quelques supermarchés.
Dinde
La spéculation de la
dinde a connu un essor considérable au cours des vingt dernières années. La
grande majorité de la production est organisée autour de sociétés ayant des
installations modernes (abattoirs, ateliers de découpe et de charcuterie). Les
circuits de distribution sont généralement bien élaborés puisque ces sociétés ont
leur propre chaîne de points de vente et de dépôts en gros en plus des contrats
qu’ils établissent avec des collectivités. La diversité des produits de découpe
et de charcuterie leur permet de bien valoriser la carcasse et d’offrir une
large gamme de produits standardisés à la portée de toutes les catégories de
consommateurs.
Au fil des années, un
certain nombre d’aviculteurs se sont lancés dans la production de Dinde
notamment dans les régions du Sahel, de Sfax et du Cap Bon et vendent leur
production essentiellement à ces sociétés. Certains éleveurs travaillent en
intégration auprès des abattoirs.
Il existe un circuit
d’abattage artisanal d’importance très restreinte avec distribution de morceaux
de découpe aux points de vente des produits avicoles ainsi qu’à certaines
boucheries qui se sont spécialisées dans la vente de viande de dinde en
parallèle avec les viandes rouges dans le Sud et le Nord Ouest du pays. Il est
à noter qu’avec l’avènement de la nouvelle réglementation organisant les
circuits de distribution de produits avicoles, cet abattage artisanal est voué
à disparaître.
Poules de Réforme
La poule de réforme
était avant 2006 presque exclusivement destinée à la vente à l’état vif, en
grande majorité dans les marchés ou «souks» hebdomadaires avec une consommation très élevée dans les gouvernorats du centre et du centre ouest et du Nord-Ouest. Des
intermédiaires originaires de ces régions sont spécialisés dans la
commercialisation des poules et de reproducteurs de réforme.

Ce type de volaille
se vendait généralement à la pièce et non au kilo et les souches lourdes sont
plus prisées que les légères. Depuis quelques mois, la réforme commence à se
vendre sous la forme abattue dans les points de vente, et il est également
prévu l’interdiction prochaine de sa vente à l’état vivant ainsi que la
reconversion des commerçants en vendeurs ambulants avec des camions équipés
spécialement pour la vente de la poule abattue réfrigérée.
Volailles traditionnelles
Les volailles
traditionnelles, ou volailles de basse cour, ont toujours existé en Tunisie
surtout en milieu rural. Une multitude de croisements de souches autochtones ou
importées sont élevées dans des conditions rudimentaires généralement en
liberté avec une alimentation basée sur les restes de repas et les herbages
existant aux alentours des exploitations agricoles.

Ces poules sont
généralement destinées à la consommation propre en milieu rural. Le circuit de
vente de ces volailles se faisait par petites quantités (unités inférieures à
10) soit sur le bord des routes soit du fermier aux revendeurs sur les marchés
municipaux et les marchés ou souks hebdomadaires. Le prix de vente est
généralement fixé à la pièce et non au poids (kilo). Comme pour les autres
volailles, leur vente à l’état vif est en cours d’être prohibée.
Les volailles
secondaires de basse cour rustiques ou traditionnelles comme le canard, l’oie,
la pintade et la dinde, existent en petites quantités et sont commercialisées
à l’instar des volailles traditionnelles.
Autres espèces
Outres les volailles
traditionnelles il existe quelques volailles secondaires qui sont produites à
l’échelle industrielle. Ce sont des oiseaux de souches sélectionnées importées
ou multipliées en Tunisie :
Autruches : les élevages d’autruches en Tunisie sont
récents, peu nombreux et n’ont pas connu d’essor durable en raison de la
dégradation des prix des viandes de ratites sur le marché international. La
vente de la viande d’autruche se fait principalement dans les grandes surfaces
et l’hôtellerie.

Canards : un seul élevage de canards de barbarie, procède à l’abattage et
commercialise des petites quantités directement aux hôtels et aux grandes
surfaces.
Cailles : plusieurs élevages de cailles multiplient et
produisent, commercialisent aussi bien les cailles que les œufs. Qu’elles
soient vendues à l’état vif ou abattues, ces cailles sont vendues à la pièce et
non au kilo. On les trouve un peu partout dans les grandes agglomérations.

Certains procèdent à
l’abattage de petites quantités destinées aux hôtels et aux grandes surfaces.
Faisans : un seul élevage de faisans a commencé la reproduction
de faisans importés. La production des faisandeaux à grande échelle débutera
incessamment.
